Lachrimae – John Dowland

Nigel North, luth, et Le Consort de violes des Voix humaines :
Mélisande Corriveau, Felix Deak, Margaret Little, Rafael Sanchez-Guevara et Susie Napper

« Si le titre promet des larmes, invitées malvenues en ces temps de réjouissance, celles que pleure la Musique n’en sont pas moins agréables; d’ailleurs, les larmes ne sont pas toujours versées dans la douleur, car elles accompagnent parfois la joie et l’allégresse. »
John Dowland, préface de Lachrimae, 1604

Les Lachrimae de Dowland sont devenues un canon dans les annales de la musique pour consort! « Invitées malvenues en ces temps de réjouissance », ces sept larmes d’une extrême beauté sont versées par cinq violes et un luth, l’instrument de prédilection de Dowland. Le compositeur est lui-même un instrumentiste de renom qui aurait eu sa place à la cour d’Élizabeth, n’était son adhésion à la foi papiste depuis un voyage de jeunesse en France. Malgré ses diplômes honorifiques obtenus à Oxford et à Cambridge, Dowland passe la majeure partie de sa vie en Italie, en Allemagne et au Danemark, où il est nommé luthiste du roi Christian IV, ce qui ne l’empêchera pas d’agir comme espion pour sa reine Élizabeth, à qui il demeure dévoué.

Cette exécution des Lachrimae diverge nettement de la plupart des autres, car la musique y est ornementée dans le style de l’époque, allant à l’encontre d’un certain puritanisme moderne qui exige un conformisme total à la page écrite. Ces enjolivements donnent à l’art de Dowland une élégance expressive et une liberté musicale qui, nous l’espérons, rehausseront « la joie et l’allégresse » de notre auditoire!