L’Art de la fugue de J. S. Bach

L’œuvre la plus sophistiquée de Jean Sébastien Bach
Le Consort de violes des Voix humaines :
Margaret Little, Mélisande Corriveau, Felix Deak et Susie Napper

En 1739, le musicologue et compositeur Johann Mattheson lance un défi au « célèbre M. Bach de Leipzig, éminent maître de la fugue » : publier des triples fugues en contrepoint renversable, c’est-à-dire des fugues dont les trois sujets peuvent recevoir toutes les permutations possibles. Bach se lance par la suite dans une entreprise plus ambitieuse encore, qui l’occupera par intervalles au cours des dix dernières années de sa vie et qu’il laissera inachevée à sa mort : une œuvre monumentale devant servir de traité pratique, L’Art de la fugue.

Bach ne s’est jamais intéressé aux manuels d’apprentissage purement théoriques, leur préférant la pratique et l’exécution. Il n’est pas question pour lui d’énumérer des règles ni d’aligner des exercices ou des exemples. Il présente plutôt des compositions d’envergure qui illustrent les possibilités expressives et techniques de l’écriture fuguée. Bien que l’œuvre soit généralement sérieuse, chaque fugue est imprégnée de nombreux affects, de styles populaires tels que l’ouverture à la française et diverses danses, qui font ressortir le brillant sens de l’humour du compositeur.

À la mort de Bach, sa dernière fugue est inachevée. Le manuscrit autographe porte une note de la main de son fils Carl Philipp Emmanuel, qui indique que son père est décédé au moment d’introduire le motif BACH (si bémol, la, do, si bécarre) dans le contresujet. Les musicologues rejettent cette assertion mélodramatique. Selon eux, étant donné son état de santé, Jean Sébastien n’avait probablement pas touché à L’Art de la fugue depuis des mois. Plusieurs compositeurs ont écrit par la suite une conclusion plausible à cette fugue inachevée. Mais l’interruption originale, au milieu d’une phrase, conserve un caractère intrigant qui laisse toutes les options ouvertes à l’imagination de générations de mélomanes!